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philatélie [Réflexions, humeurs et conseils] |
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| Le
retour des chiffres de tirage |
| Depuis le dernier Philinfo (novembre 2008), La Poste
communique à
nouveau les chiffres de tirage des timbres qu'elle émet. Premiers
concernés : le carnet Visages de la Ve République (700 000 ex.),
l'émission commune France-Israël (respectivement 2,9 et 2,3
millions d'ex. pour les 0,55 € et 0,85 €), le bloc Prague (2,2 millions
d'ex.), le 1,33 € Daumier (2,5 millions d'ex.), etc. A condition qu'ils soient rigoureusement exacts et précis, ces chiffres de tirage, permettent de connaître les quantités disponibles dès le début de carrière des timbres. Cette information peut encourager d'éventuelles spéculations. Sachant qu'un timbre fait l'objet d'un petit tirage, certaines personnes disposant d'importants capitaux peuvent ainsi être tentées d'acheter de grandes quantités, misant sur une raréfaction, une demande future. C'est d'ailleurs cette même spéculation qui, en 1986, avait poussé La Poste à abandonner l'annonce des chiffres de tirage au profit de chiffres réels de vente. Le responsable du Service national des timbres-poste (SNTP, devenu Phil@poste) avait été échaudé par le carnet Personnages célèbres 1985 (YT 2360A). Premier carnet du genre, annoncé à 500 000 exemplaires lors de son émission, il avait été rapidement épuisé dans les bureaux de poste et proposé sur le marché à des prix très supérieurs. Malgré un retirage en catastrophe de 250 000 exemplaires, La Poste avait échoué à enrayer la spéculation. En quelques mois, le carnet avait atteint 500 francs (pour 14,10 francs de valeur faciale...). Le SNTP n'avait pas apprécié. Et, comme les prix s'étaient effondrés dans les années qui ont suivi, les philatélistes ayant payé le prix fort n'avaient pas davantage apprécié... En remplaçant les chiffres de tirage donnés à l'avance par des chiffres réels de vente communiqués plusieurs mois après le retrait, La Poste pensait priver les spéculateurs de bases de calcul et d'arguments. Aujourd'hui, elle fait marche arrière. Que La Poste ne voit plus la spéculation sur les timbres d'un mauvais oeil n'est un secret pour personne. Je persiste à dire qu'elle n'a pas à l'encourager. Ce n'est pas son rôle. De plus, la situation n'est plus la même qu'il y a vingt ans. Est-ce que les 700 000 exemplaires du carnet Ve République sont aussi tentants pour les spéculateurs que les 750 000 carnets Célébrités 1985 ? La mise de fonds (6,60 euros par carnet) est, même en tenant compte de l'inflation, nettement supérieure (2,15 euros en 1985) et, surtout, le marché philatélique n'est plus aussi dynamique. Mais les mouvements spéculatifs échappent à toute logique (cf. la crise financière) et l'on sait qu'une campagne savamment orchestrée peut faire plonger les gogos en quête de la bonne affaire. Comme toujours, seuls les "orchestrateurs" en tirent des bénéfices. Les particuliers et le marché sont perdants à tous les coups. Le plus gênant avec les nouveaux chiffres de vente est qu'ils ne concernent pas uniquement des timbres mais aussi les produits à "surtaxe" et à valeur ajoutée. Ainsi apprend-t-on que le bloc-souvenir "Bonnes fêtes" vendu 3 euros (pour 0,55 € de faciale) est tiré à 100 000 exemplaires et que la pochette France-Israël réunissant des timbres des deux pays n'est fabriquée qu'à 40 000 exemplaires. Non seulement la spéculation est encouragée mais elle risque de porter sur des produits annexes. CJ 24.10.08
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