| Ma
philatélie [Réflexions, humeurs et conseils] |
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| [Unanimité] Bientôt un timbre sur l'abbé Pierre ?... |
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L'Uruguay
n'a pas attendu la mort de l'abbé pour lui rendre hommage
à travers un timbre. C'était en 1994. Il est vrai
que la
communauté Emmaüs est présente dans ce
pays depuis
1954. Dans sa grande sagesse, La Poste française ne consacre des timbres qu'à des personnalités décédées. On ne sait jamais. A un moment de sa vie, une personne peut se montrer digne d'une telle reconnaissance et puis, tout à coup, changer, commettre des actes répréhensibles. Même après sa mort, il est prudent d'attendre un peu. Que le temps et l'Histoire aient fait leur ouvrage. Qu'on sache s'il n'y avait pas un cadavre dans le placard, une affaire aussi louche que secrète, une face cachée inavouable... |
| Les
Etats-Unis pratiquent ainsi un délai de prudence d'une
dizaine
d'années, excepté pour leurs
présidents.
Même le plus controversé de tous, Richard
Nixon, a eu
son timbre en avril 1995, un an après sa mort. Avec l'abbé Pierre, les risques semblent limités. Même lorsqu'il défendait des sujets plus contestables, il le faisait en pleine lumière, assumant toujours la responsabilité de ses prises de position, avec autant de courage que son engagement dans la Résistance, comme dans la lutte contre la pauvreté. Que pourrait-on découvrir sur lui ? Qu'il était rouspéteur ? Qu'il était mal habillé et pas rasé de près ? Qu'il ne cherchait pas à courtiser mais à faire avancer les choses auxquelles il croyait ? Un insoumis à l'ordre établi. |
| ...Et sur
Jean-François Deniau ? Deux jours après le fondateur des Compagnons d'Emmaüs, un autre homme de bien est décédé. Jean-François Deniau était moins médiatique et n'a pas défendu les mêmes causes nationales. Il a été un aussi piètre politicien que l'abbé car aussi peu enclin à faire des concessions sur ce qu'il croyait être juste. Pourtant, Jean-François Deniau était un habile diplomate, grand défenseur des causes dites désespérées. Vietnam, Ethiopie, Afghanistan, Cambodge, Angola, Liban, Bosnie, Somalie : partout où des peuples étaient opprimés, il intervenait, aidait, témoignait, "entremettait", souvent au coeur du danger. Ainsi était-il allé soutenir le commandant Massoud dans les montagnes d'Afghanistan contre les Russes puis contre les talibans. Ecrivain de talent, membre de l'Académie française, il transcendait le prototype de l'"honnête homme" car il n'hésitait pas à risquer sa vie pour faire triompher ses idéaux. Un mélange de Don Quichotte, de Saint-Exupéry et de Tintin, détestant par-dessus tout l'hypocrisie ambiante. "Il avait toutes les qualités", a dit de lui Hélène Carrère-d'Encausse, secrétaire perpétuel de la docte assemblée, en guise d'hommage. On sait moins que Jean-François Deniau a activement contribué à la rédaction du traité de Rome, l'acte fondateur de l'Europe commune, entre 1955 et 1957. Il était alors un haut-fonctionnaire de 28 ans promis à un brillant avenir politique. C'est à lui qu'est revenu l'honneur de rédiger le préambule du traité. Grâce à cela, le traité de Rome est le seul texte international dans lequel figure le mot "idéal"... (*) |
| (*)
"(...) Résolus à affermir, par la constitution de
cet ensemble de ressources, les sauvegardes de la paix et de la
liberté, et appelant les autres peuples de l'Europe qui
partagent leur idéal à s'associer à
leur effort, (...)" |
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Un timbre français pour le
commandant Massoud, deux ans après son assassinat
par Al Qaida. Jean-François Deniau voyait en lui la principale chance de démocratie en Afghanistan, celle d'un islam modéré rempart contre le fondamentalisme des talibans. |
| Cinquantenaire d'Emmaüs (1999) |
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| Traité de Rome | Tous droits réservés. Janvier 2007. | |
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